21/01/2011

Les coulisses du Fort Saint Elme

Personne n’est insensible au Fort St Elme surplombant le Puig Japone, de par son apparence fantomatique à la tombée de la nuit le transformant en vaisseau flottant, que de par son aplomb majestueux sous le soleil catalan.

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Zoom sur ce monument emblématique de la cité des peintres.

Un vaste passé historique. L’origine de l’édifice remonte à plus de 1000 ans. Au IXème siècle, une vigie a été édifiée pour faire face aux invasions maritimes des Normands et des Barbaresques, elle a été surnommée ‘La Torre de Guardia’. A savoir, que cette tour s’intègrait dans un plan défensif avec la tour de la Massane et celle de Madeloc situées sur les hauteurs de la cité des peintres.

 

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Le 27 juin 1344, le roi d’Aragon, Pierre IV le cruel s’empare de la tour et aménage ses défenses. Ce n’est que sous Louis XI, entre 1462 et 1507 qu’une partie des remparts a été construite.

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Puis, sous Charles Quint et Philippe II, une architecture révolutionnaire préfigurant celle de Vauban naît avec l’édification d’une forteresse à six branches autour de la tour d’origine. Les travaux se sont achevés en 1552.

En 1642, les troupes françaises commandées par Louis XIII et Richelieu s’opposent aux troupes espagnoles. Le fort se rend le 13 avril de la même année face à l’oppression espagnole.

En 1659, Vauban améliore le dispositif défensif de l’édifice sous l’égide de Louis XIV.

En 1794, l’armée espagnole s’empare à nouveau du St Elme.

Six mois plus tard, le général Dugommier écrase la garnison espagnole sous le poids de plus de 11000 boulets.

Après la révolution, le fort se transforme en un magasin militaire jusqu’à sa démilitarisation en 1903.

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Le fort St Elme vendu aux enchères publiques.

Dès sa démilitarisation, le St Elme est une fortification à l’abandon : la tour s’effondre, le pas de tir est impraticable et de nombreux murs menacent de s’effondrer. Ainsi, le 21 août 1913, l’Etat décide de le vendre aux enchères publiques. Un ballet de propriétaires se succèdent mais le monument demeure dans le même état. Certains habitants de Collioure proposent alors de le repeindre en blanc afin d’en faire un phare pour permettre aux pêcheurs d’anchois de se repérer, fort heureusement sans succès.

En 1927, il est inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques et est acquis par un mécène issu de la famille Ducatte. Ce dernier s’entoure de l’architecte Léon Azema, 1er grand prix de Rome et d’Alfred Joffre, architecte des monuments historiques. Ensemble, ils reconstruisent le fort et aménagent les défenses extérieures. La fin des travaux a lieu en 1936.

Durant la seconde guerre mondiale, les forces allemandes qui ont occupé le St Elme, l’endommagent sérieusement lors de leur départ en 1944. L’édifice sera alors abandonné pendant plusieurs années jusqu’à ce que les descendants du propriétaire, actuellement Jean- Claude Ducatte, engagent des travaux d’envergure afin de lui redonner son lustre d’antan.

Une architecture hors pair incluant un système d’avant-garde écologique.

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 L’intérieur du fort St Elme s’articule autour de 3 cercles divisés en plusieurs salles et édifiés dans la circonférence extérieure de la tour.

ST ELME tour de gué.jpgAu premier étage, on y découvre la salle d’armes avec quelques perles historiques datant du XVI ème siècle jusqu’au XIX ème siècle : casques, boulets en pierre polie, en fonte et en fer issus des fosses du Fort St Elme, canons maritimes, fragments d’obusiers, armures de chevaliers, poitrail, armes médiévales : fauchards, heaumes arme à feu datant du 16ème siècle. 

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A noter la présence d’une épée avec une coquille St Jacques qui a été réalisée à Venise et dont le double figure au Musée de Budapest ainsi qu’une Coulevrine, 1ère arme à feu datant du 16ème siècle. Dans cette même salle, on peut voir la porte de la tour de guet située à 8 mètres de hauteur, tournée vers la mer et encadrée de somptueux corbeaux en pierre.

Ensuite d’autres salles révèlent l’historique du monument avec l’accent mis sur l’attaque du Général Dugommier en 1794, la généalogie et la vie de Charles Quint, l’explication du blason de Charles Quint, l’architecture des lieux, l’artillerie et l’inventaire de 1770. A cet étage très sécurisé, les dortoirs des troupes, la salle de police, la salle du trône, la prison, et le four s’ancrent judicieusement. A noter qu’une exposition de photographies temporaire sur les spahis et les tirailleurs sénégalais, prises sur le front en 14-18 par le médecin photographe Gaston D orne l’une des salles.

Au 2ème étage, le magasin aux farines et celui de l’artillerie côtoient les corps de garde, la boulangerie et le corps de garde des officiers. Il faut savoir que St Elme étant un fort de guerre, tout a été conçu pour y supporter de vives attaques ainsi qu’un siège interminable : un pas de tir supportant l’assaut de plus de 20 canons et d’obusiers et un système défensif ingénieux ont mis à mal les envahisseurs.

Les murs épais pouvant atteindre jusqu’à 8 mètres d’épaisseur à certains endroits ont servi de protections aux troupes. Quant à la tour, elle abritait la poudrière.

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Au niveau du Donjon, hormis la vue imprenable sur la baie du petit port catalan mais aussi sur les collines environnantes et Port-Vendres, on découvre un système écologique de récupérateur d’eau de pluie. En effet, le fort ne possédant pas l’eau courante pour des raisons techniques et logistiques trop lourdes, les propriétaires ont conservé les pentes édifiées autour du donjon qui par un système de canalisations amènent l’eau de pluie dans une citerne pouvant contenir 55 000 mètres cubes d’eau. Actuellement, le niveau de l’eau atteint 6m50 de hauteur. Un procédé ingénieux et écologique !

A hauteur de la tour se situent également des échauguettes dont une a été construite par Napoléon III.

 

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Les souterrains non ouverts au public, renferment désormais des stalagtites et des stalagmites ; mais autrefois il servait d’entrepôt pour la nourriture, de logements mais aussi abritait tous les corps de métier nécéssaires au combat.

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St Elme, une légende vivante à découvrir absolument !

Visites guidées des groupes sur rendez-vous : 0664618242.

Hélène Pélissier : 0671489519

En saison, visites guidées individuelles tous les jours; toutes les heures : 15h,16h,17h,18h ; billeterie à l’entrée du Fort St Elme. Tarif adultes : 6 € , Pass Intersites 4€, enfants de plus de 12 ans et étudiants 3 €, gratuité pour les moins de 12 ans et pour les handicapés individuels sous réservation.

www.fortsaintelme.fr et email : infos@fortsaintelme.fr