25/11/2014

La Red de las ciudades machadianas à Collioure les 22 et 23 novembre

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La Red de Ciudades Machadianas est un réseau qui a pour but de promouvoir l'image, l'œuvre et la vie d'Antonio Machado. Il a été créé à l'initiative de la ville de Soria en 2010. Cette ville fut celle où Antonio Machado obtint son premier poste de professeur de français et où est enterrée son épouse Léonor. Soria est jumelée à Collioure depuis 1994. La duchesse de Soria, sœur du roi Juan Carlos est venue déposer une plaque en hommage au poète sur sa tombe en 2010.
Les autres villes de la Red  : Sevilla, Baeza, Segovia sont des villes où Antonio Machado a enseigné . La ville de Rocafort va rejoindre le réseau cette année. Collioure, la dernière étape de son exil  constitue un maillon important de la chaîne de solidarité à la mémoire du poète. Comme l'a dit Jorge Semprun :  Collioure est pour toujours dans le cœur de tous les espagnols

Le programme de la Red : Juan de Mairena - œuvre philosophique en prose.

Ces deux journées se dérouleront essentiellement au centre culturel. Il y aura des conférences sur l'œuvre d'Antonio Machado; des tables rondes des villes de la Red - chaque ville expliquera ses liens avec Antonio Machado; une visite de la tombe et des archives exposées à la salle Vauban.

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Depuis plusieurs années en effet la Fondation Antonio Machado s'occupe avec passion de l'entretien de cette tombe devenue un lieu de pèlerinage et de la collecte de tout ce que les «  pèlerins  » viennent déposer sur la tombe ou dans la boîte aux lettres scellée  dessus. Quatre mille cinq cents documents ont ainsi été recueillis : lettres, témoignages, poèmes, dessins, offrandes ... Tout a été classé par type et par ordre chronologique. Les membres de la Fondation Antonio Machado veulent faire vivre ces «  archives » et les faire connaître à un public de plus en plus important. Renseignements, informations : 0485920473 ou fondationantoniomachado-collioure@laposte.net.

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Autres projets et actions de la Fondation.

- Prix international de littérature.

Ce prix a été créé en 1977 et depuis 2010 tous les genres littéraires peuvent concourir : poésie, contes, romans, nouvelles ...
C'est un gros succès international : 58 manuscrits ont été reçus l'année dernière provenant de plusieurs pays, notamment d'Amérique du sud.
Il est ouvert cette année jusqu'au 30 novembre.
La remise de ce prix aura lieu le 22 février 2015 au centre culturel de Collioure lors de la journée annuelle d'hommage.

- Prix d'écriture des lycéens.

Ce prix existe depuis sept ans maintenant et actuellement une vingtaine d'établissements y participent : clôture : 5 janvier 2015.
Les trois meilleurs écrits seront récompensés par des cadeaux.  Les lycéens participent au jury, au vote, à la création de l'affiche, et à la composition de supports musicaux ou à l'élaboration de petits films : la Fondation honore la mémoire d'Antonio Machado mais se projette aussi dans le futur.

- Prix des collégiens.

Ce prix a eu lieu pour la première fois en février 2014 au lycée Jean Lurçat de Perpignan.
Là aussi au niveau des collèges la participation est de plus en plus large ( une dizaine d'établissements) et les collégiens d'autant plus intéressés quand l'écriture de textes autour d'Antonio Machado fait appel à de nombreuses matières comme par exemple l'art plastique pour la réalisation des affiches.

Les votes pour ces concours donnent lieu chaque fois à des manifestations solennelles mais vivantes et joyeuses. La Fondation Antonio Machado se réjouit de voir les salles pleines de jeunes et envisage d'ailleurs de faire participer aussi les classes primaires.

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- Participation au Téléthon.

Ce sera le «  marathon de la poésie », avec des déambulations et des rondes de déclamations poétiques.

On va faire sortir la poésie dans la rue, annonce ravie Joëlle Santa Garcia, pour continuer le cheminement. «  Caminando ,caminando »...

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Serge Pey : un poète suit le chemin de la poésie

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Maria Garcia, secrétaire et Joëlle Santa Garcia, présidente de la dynamique Fondation Antonio Machado.

Entrevue avec Jacques Issorel.

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Le professeur honoraire : Jacques Issorel, qui a enseigné l'espagnol à l'université de Perpignan de 1971 à 2003, parle d'Antonio Machado avec beaucoup d'émotion.
Il lui a d'ailleurs consacré un livre : Les derniers jours d'Antonio Machado, paru aux éditions Mare Nostrum qui en est à sa quatrième édition.
Il faut bien se rendre compte qu'Antonio est arrivé à Collioure fin janvier 1939, accompagné de sa mère : Ana Ruiz âgée de 85 ans ( lui avait 64 ans); de son frère José et de la femme de celui-ci : Matea.
Ils étaient épuisés par leur périple en provenance de Barcelone qui avait duré six jours et par une nuit passée dans un wagon en gare de Cerbère.
C'est le chef de gare : Jacques Baills qui logeait à l'hôtel Bougnol-Quintana qui leur a conseillé de descendre à Collioure. En descendant  l'avenue de la gare ils ont été aperçus par Juliette Figuères qui avait son commerce au coin de l'avenue. Elle les a fait entrer pour leur donner à manger et à boire quelque-chose de chaud. Ils n'avaient rien, absolument rien : pas d'argent, pas de linge de rechange, pas de quoi écrire ... Misérables, transis,  et éreintés...
Antonio mourra vraisemblablement de pneumonie trois semaines plus tard, et sa mère trois jours après. José se souvient d'une promenade avec son frère malade.
C'est son dernier vers, le seul écrit à Collioure, qui est le sujet de la conférence du professeur Issorel.
« Estos dias azules y este sol de la infancia »
D'abord il y a le rythme et la musicalité, la construction parfaite.«  Ces jours d'azur et ce soleil de l'enfance ».
Ensuite il y a le choix de chaque mot. D'abord les démonstratifs : on sait qu'en espagnol le démonstratif est différent selon qu'il désigne quelque chose de proche ou d'éloigné; et quelque chose qui est passé et terminé ou bien qui continue. Et le soleil de son enfance à Séville est passé à tout jamais.
Et puis il y a les substantifs : les jours et l'enfance, dans le domaine temporel et abstrait; et puis l'azur et le soleil qui font plutôt référence aux sensations. On a une alternance entre l'intellectuel et le sensuel : le professeur Issorel, modeste et accessible, est vraiment passionnant !

De plus, pendant ces deux jours de colloque, une exposition de photos de Soria est organisée dans la salle de la bibliothèque.

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Claude Vitou

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