20/05/2014

collioure en 1905 racontée par Alain Ayats

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Samedi 3 mai à 17 h le centre culturel a fait le plein pour venir écouter le professeur Alain Ayats nous raconter la vie de nos ancêtres à Collioure au début du siècle.

C'est la sixième conférence qu'Alain Ayats donne pour l'association «  Les Amis de Collioure  » mais c'est toujours avec un grand plaisir qu'on vient l'écouter : un ton modeste, un certain recul, un humour décalé ... tout ce qui fait qu'on ne vient pas assister à une conférence mais plutôt écouter une histoire.
Une histoire du temps passé, d'après les travaux de Cécile Py et le recensement de 1901.
Il était une fois, en 1905, dans la petite ville de Collioure qui vivait tranquillement de la pêche et de l'agriculture, l'arrivée des chemins de fer ( en 1866) qui permirent les transports et les échanges. Il fallut alors agrandir la ville, démolir les remparts, construire une école ... Collioure devait rompre son isolement et il y avait aussi beaucoup de problèmes d'hygiène : beaucoup de bouleversements immobiliers donc, mais ce qui nous intéresse le plus c'est bien sûr la vie quotidienne des Colliourencs et c'est là que le conteur talentueux captive totalement son public.

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En 1901, il y a 2830 habitants à Collioure. Ils parlent catalan, ne vont pas longtemps à l'école, travaillent sur les bateaux ou bien la terre; sont commerçants ( 17 boulangers !), épiciers, cafetiers, cordiers, bouchonniers, tonneliers, négociants, saleurs, bergers, jardiniers, journaliers ... La plupart vivent de la mer, et environ une centaine vit exclusivement de la terre. Il y a aussi des militaires ( 110), des prisonniers ( une douzaine), des étrangers ( 68 espagnols). Il y a même un peintre, un certain Henri Matisse, qui arrive là, attiré par la couleur des paysages...un peintre parmi cent pêcheurs.

Mais les Colliourencs ne s'en préoccupent pas beaucoup : ils ont des problèmes avec les bateaux étrangers - italiens ou espagnols - qui viennent pêcher leur poisson ou bien avec les marsouins qu'il faut détruire sinon les saleurs vont faire venir le poisson d'Algérie !

Ils ne vont pas souvent à la messe, font beaucoup la fête, se battent entre habitants de la ville ( les riches) et ceux du faubourg ( les pauvres) et adorent la bagarre surtout en période électorale ... Ils quittent parfois Collioure quand la pêche est trop rare, émigrent en Afrique du Nord. Beaucoup partiront aussi à la guerre ...

Cette chronique du temps passé a été faite aussi grâce à un quotidien local : «  Le Roussillon » monarchiste, certes, mais la presse locale et les articles pittoresques qu'on y trouve ne sont-ils pas le plus merveilleux des outils pour un historien ?

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Applaudissements nourris du public.

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Bernard Lassère, président des amis de Collioure remercie Alain Ayats.

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Les photos du recensement de 1901 sont affichées au bar à côte de la salle polyvalente du centre culturel et le public pourra les consulter lundi 5 et mardi 6 mai de 9 h à 17 h et retrouver ainsi une trace de leurs ancêtres. Ensuite il faudra peut-être demander à l'accueil de la mairie pour pouvoir les consulter.

Claude Vitou

inauguration très festive de Mané

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Grosse fête dans la rue Berthelot, ce vendredi 2 mai à 19 h pour l'ouverture de la Boutique Mané - créateurs et design - au numéro 6.
Malgré la forte tramontane le tout Collioure est venu assister à l'événement. Il faut dire que la propriétaire Christine Pouchairet-Ramona est tellement sympathique et généreuse que les invitations ont été lancées en grand nombre et que tout le monde a répondu présent.

                                                                      

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Christine est en effet une personnalité très connue dans le village. Secrétaire de l'UCAC ( Union des Artisans et Commerçants de Collioure), elle a tenu l'hôtel Madeloc avec son mari Jean-Gilles pendant de nombreuses années, et ensuite fait un passage de quatre ans à la boutique «  Jouvences ». Ce printemps elle a décidé de se lancer  : créer une boutique-galerie avec des objets uniques d'artisans créateurs et de leur faire un écrin de choix pour mettre en valeur leur création.

                                                                     

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Même si la boutique n'est pas parfaitement achevée et si les objets de design ne sont pas tous encore arrivés, on se rend compte dès maintenant que la qualité et l'originalité sont déjà là.
Des bestioles en grès et céramique d'Anaïs Stutzmann;

                                                                     

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des lustres, des appliques et même des bijoux de Jean-Michel Petit;

                                                                      

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ainsi qu'un magnifique miroir

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des fleurs émaillées de l'atelier Douarn; des plats de Sandrine Ramona;

                                                                       

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le célèbre bestiaire de Vincent Torguet; des patères " petite friture";  des robes en armure photophores de Violaine Ulmer; des pieuvres en pâte à papier et des pique-fleurs de Sandy Pouget ... et même les tissus Sardane qui ont fait leur réapparition ...

                                                                         

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Tous les éléments sont réunis pour connaître un franc succès et la rue Berthelot est en train de devenir «  The Place To Be » à Collioure.
Boutique Mané,( du nom de Marie-Jeanne Atxer artiste peintre de la famille) 6 rue Berthelot, Collioure, ouverte toute l'année.

Claude Vitou

05/05/2014

le douanier Camille fait des miracles

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 Camille fait des miracles car les statues qu'il répare sont surtout des statues religieuses. On les lui confie abîmées, cassées, décapitées, tâchées, et il les rend jeunes et jolies ! Il leur parle, les bichonne, les caresse ...

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Il les nettoie, les repeint, et à l'aide de cordes et de fils de fer leur refait un corps tout neuf. Ensuite il assure le lifting et les belles passeront ensuite chez la coiffeuse et la couturière. En ce moment il s'occupe de sainte Véronique  à qui il a fait une prothèse avec un tube de pvc chauffé et qui est presque prête pour la prochaine procession de la Sanch.

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En plus d'être chirurgien et esthéticien Camille est aussi un fin botaniste : les roses trémières et les tulipes n'ont plus de secrets pour lui. Il les reproduit en bouts de carrelages, en billes et en goulots de bouteilles. 

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Il travaille sur un paysage dont le Canigou,en haut, est en hiver et la plaine, en bas est en été : Camille est très fantaisiste, et refait les saisons à sa façon. Il garde son sérieux pour les statues, pour le reste il se lâche un peu.

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Il est aussi un ébéniste talentueux : il découpe le bois comme de la dentelle. Il fabrique des cloisons, des meubles, des objets...dans son atelier qu'il a bricolé lui même.

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Il améliore aussi son jardin avec des fleurs en pierres et en coquillages : au moins elles ne se fanent pas et il économise l'eau de l'arrosage !
Et pour finir c'est un ingénieur astucieux : il s'est fabriqué un ascenseur un peu brinquebalant certes; mais qui lui permet d'économiser ses articulations.
Camille Andreu est un vrai génie ! Son atelier recèle plein de trésors présents et futurs : il a encore de nombreux projets. Et un optimisme à toute épreuve, avec toujours une plaisanterie ou une blague pour rire un peu ...

Si vous passez par la rue Romain Rolland, n'hésitez pas à aller lui dire un petit bonjour.

Claude Vitou