28/01/2011

Sur la colline Pams, Luc cultive l'amour des ânes

Quinette, Singla, Rasta, Nin et Pomponnette sont devenus des célébrités locales, à la grande joie de leur propriétaire Luc Pous. Portrait

 

ânes, Pams, Collioure, Luc Pous

Sur les flancs de la colline Pams, aux abords du chemin en terre qui mène au fort St Elme, un petit enclos se profile à l'ombre des oliviers. Des 'hi han' répétitifs interpellent les passants. Ce sont les cris des ânes de Luc Pous. Ce jeune propriétaire également viticulteur dans la cité des peintres s'occupe de ses bêtes quotidiennement. Il y a quatre ans, Luc a redoublé d'efforts car l'ânesse Quinette a mis bas, un 31 juillet aux alentours de 8 heures du matin, d'un bel ânon Nin ! Nin signifiant petit en catalan est né dans le maquis colliourenc, avec une belle robe grise.

 

ânes, Pams, Collioure, Luc Pous

Au bonheur des ânes. Luc a toujours rêvé de posséder des baudets : ces animaux sont empreints de gentillesse, d'humilité, et de plus, ne rechignent pas au labeur. C'est aussi une excellente manière de perpétuer les traditions des anciens.  En effet, au début du siècle dernier, les ânes ont été très utiles au développement économique de la cité : portage du sel et des poissons, mais aussi seul moyen de transport pour emprunter les sentiers escarpés des vignobles catalans, ils ont fourni une aide précieuse lors des divers travaux agricoles : labourages, vendanges...

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Luc a alors recherché désespérément un couple d'ânes et une mule, et c'est au travers des annonces d'un journal qu'il a trouvé son bonheur au début du mois de mai 2004.

 

 

Un enclos privé. Le couple d'ânes, originaire de Baillestavy et la mule d'Olette - Evols, une fois en contact avec leur nouveau propriétaire ont été baptisés Quinette, Singla (sanglier en catalan), et Pomponette. Puis, Luc les a vaccinés et pour lutter contre le vol et les pertes d'animaux, les a déclarés à l'Hara (Centre de recensement des ânes tatoués qui portent une puce électronique). Ensuite, l'heureux propriétaire a adressé un courrier à la municipalité afin de trouver un lieu adéquat pour ses animaux. Après accord du maire Michel Moly, Quinette, Singla et Pomponette ont aménagé sur un terrain appartenant à la commune, les vignes coupe-feu proches du St Elme. En juin 2005, un premier ânon est né : Rasta. Mais à cause des dangers alentours tels que sangliers, renards ou faisans, les ânes se sont échappés et cela a entraîné des plaintes de particuliers. Alors Luc désemparé, a une fois de plus, fait appel à la municipalité afin de placer ses bêtes dans un endroit sûr. Ainsi, le maire lui a prêté un terrain à l'ombre des oliviers de la colline Pams, près du moulin à vent.

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Aux petits soins. Luc, parfois accompagné de Michel Guingois, artiste peintre local, s'affaire à donner à manger et à boire à ses animaux, et de temps en temps, il les change d'enclos :  « Cela représente beaucoup de travail, en moyenne, je passe près de quatre heures par jour avec eux ! ». Muni d'arrosoirs, il arpente le sentier sous le soleil brûlant pour aller chercher de l'eau à la source du moulin, il transporte ainsi près de cent litres d'eau pour abreuver ses bêtes et humidifier le petit dernier : «  Je tiens à remercier Michel Moly qui m'a généreusement offert le droit de tirer de l'eau ».

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Les ânes et la mule vivent en totale liberté, dans ce carré de nature, ils mangent ce qui pousse sur le terrain, parfois Luc leur prépare un succulent repas de fête composé de ...carottes !

Hors saison, la troupe de baudets aménage sur la butte du parking du Glacis où ils broutent l'herbe des lieux, une manière écologique et originale de désherber le coin !

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Burros de Cotlliure. Lorsqu'on lui demande s'il a des projets avec ses ânes, Luc s'exclame : « Bien entendu ! En premier lieu, je souhaiterais remettre au goût du jour les vertus des ânes au travers des métiers ancestraux tels que la vigne ou la pêche. Puis, j'aimerais organiser des promenades ou des randonnées en partenariat avec les artistes peintres de la cité, histoire de croquer la nature comme le faisaient Hanicotte et ses classes artistiques en plein air. Mais, un autre projet se profile pour Luc celui de devenir Berger à Collioure sous les flancs de Dugommier. Pour cela, Luc manque de moyens et lance un appel : « Je manque de matériel agricole, notamment un labourage à traction animale, si l'on pouvait me donner un coup de main en me fournissant ces outils essentiels, je serais comblé. Et si certaines personnes souhaitent donner des carottes, des pelures de fruits et de légumes pour Quinette, Singla, Rasta, Nin et Pomponette, un bac vert est à la disposition de tous, à la rue du Soleil, face à l'atelier Guingois. Alors, pour moi le bonheur sera dans le pré !

 

 

Pour les dons de matériel et contacter Luc : 06 14 63 74 98. Vous pourrez aussi rencontrer Luc à la Fête de la Brebis de Montesquieu le 22 mai 2011.

Texte et Crédits Photos Barbara Delacre

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27/01/2011

Le Fort Taillefer : antre du maître coutelier Xavier Araté

Il y a des métiers surgissant du passé qui intriguent ou marquent l’admiration, j'ai rencontré Xavier Araté, maître coutelier à Collioure qui a installé son atelier depuis novembre 2005, dans un lieu chargé d’histoire, le Fort Taillefer. Zoom sur cet artiste hors du commun.

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Le parcours d’un passionné de coutres. Xavier Araté a arpenté l’hexagone tels les célèbres compagnons : une besace sur l’épaule contenant quelques ‘Opinel’ sur lesquels il sculptait les manches.Au cours de son périple, il découvre la cité des couteaux : Thiers. Là-bas il est intégré au sein de l’équipe de ‘La Maison des Couteliers’, véritable fief d’un savoir faire ancestral et laboratoire d’expérimentation en matière de techniques et de design. Robert Beillonnet, Meilleure Ouvrier de France, lui enseigne alors les multiples facettes du métier. En 1992, Xavier décroche le CAP de Coutellerie et d’instruments Chirurgicaux. En participant au concours de la Société d’encouragement aux métiers d’art, il décroche le 1er Prix National. Après deux ans de collaboration avec Alain Dumousset, Compagnon Spécialiste du Damas à la Maison Couttier, il rencontre Guy Vialis, créateur du sommelier ‘Château Laguiole’. Ce dernier lui confie la direction de l’Atelier de la Bastide de Sauveterre en Aveyron. Xavier se transforme en Maître de Formation et signe de nombreuses créations et pièces uniques.

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Pour ce catalan pure souche, le moment est venu de rentrer au pays et de concrétiser une idée qui lui trottait dans la tête : installer un atelier de Coutellerie au Fort Taillefer, propriété de la ville de Collioure…

Quand les rêves deviennent réalité. Comme tous les gosses à l’époque, Xavier a côtoyé le Fort Taillefer (fin du XIXème siècle) au hasard de balades improvisées ou de jeux d’enfants. Il a par la suite participé, au débroussaillage des sentiers de randonnées qui entourent la Batterie de Taillefer. De retour au pays, Xavier a cherché un local pouvant faire office d’atelier, sans succès. Ne baissant pas les bras, il a donc pensé au Fort Taillefer à l’abandon depuis 30 ans. Il a proposé son projet à la Mairie qui a encouragé sa démarche et a signé en sa présence, une convention en bonne et due forme.Le Fort ayant subi les caprices du temps, a été entièrement restauré par ses soins : défrichage, mise à jour des surfaces ensevelies par les glissements de terrain, reconstitution des volumes érodés, nettoyage des citernes, maçonnerie, huisseries, peintures, électricité…

Un an plus tard, la grande casemate est enfin équipée d’une forge, d’établis pourvus d’outils, de tourets… L’atelier est opérationnel.

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L’atelier du Maître Coutelier. Xavier réalise sur commande ou à la demande de particuliers des couteaux divers : couteaux pliants ou fixes, couteaux à cran d’arrêt manuel, couteaux à découper le jambon, couteaux de table, poignards… Les matières utilisées varient en fonction de l’objet à réaliser : Bois aux essences différentes tels que buis, bruyère, olivier, poirier, noyer, ébène de Macassar, palissandre de l’Honduras,des matériaux synthétiques comme la fibre de carbone, le granit, la pâte Fimo, le Micarta (tissus mélangé avec de la résine. Il crée les lames avec de l’acier inox, carbone ou damas (pâte feuilletée alternant deux plaques en acier nickel et carbone qui se plient à volonté, et qui révèle des motifs lors d’un trempage dans de l’acide).

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Xavier effectue peu de forge mais utilise plutôt la technique de l’usinage par abrasion. Pour fabriquer un couteau, il y a plusieurs étapes : en premier lieu, le maître coutelier utilise un gabarit en vue de procéder au traçage et au perçage, puis il pratique un détourage à l’aide de tourets où sont installées au préalable des sortes de bandes de papier de verre aux différents grains.

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C’est à ce stade de l’élaboration du couteau que le Maître Coutelier redouble d’attention : il contrôle la vitesse de rotation en fonction des matières utilisées, rapide pour la ferraille des lames et lente pour les bois des manches. Puis, il procède à la mise au tranchant de la lame, elle peut être plate, creuse ou bombée comme sur les Opinel.

Ensuite, il façonne les manches en suivant les mêmes techniques que celles décrites ci-dessus. La décoration des manches ou guillochage s’effectue à la lime. Une fois toutes les pièces prêtes, il les monte en les fixant avec des clous ou des vis.

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La dernière opération consiste à donner le dernier brillant ou le satinage du couteau, pour cela il se sert de bandes de flanelle mélangées à une pâte abrasive.

Sur des couteaux pliants, Xavier réalise un ajustage mécanique.

Un couteau d’un Maître Coutelier c’est comme une œuvre d’art, Xavier appose sur chaque pièce sa signature AX.

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Avec ce passionné de la création et de la recherche, le couteau se décline à l’infini pour le plus grand bonheur de tous ! Une chose est sûre, c’est qu’avec une telle dextérité et un tel savoir faire, Xavier ne craint pas une concurrence au couteau !

Pour aller à l’atelier du Maître Coutelier Xavier Araté : Uniquement sur rendez-vous au 06 81 49 38 40. Au niveau du rond-point de la Zone Artisanale du Cap Dourats, prendre la direction du Rimbau. Au carrefour, suivre la direction Madeloc sur la D86, tout en profitant du somptueux paysage qui s’offre à vous. Au niveau des monuments des pompiers, garer votre véhicule et emprunter le sentier sur la droite de ce bâtiment. Au bout de deux kilomètres, vous arriverez au Fort de Taillefer. Sonnez à l'aide de la cloche située à l’entrée pour appeler le maître coutelier qui vous recevra dans son atelier pour vous faire découvrir des trésors de couteaux.

Texte et crédits photos Barbara Delacre.

13:47 Publié dans métier | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : couteaux, coutelier, taillefer, araté | | |

21/01/2011

Et au milieu coule une rivière

En partenariat avec la ville de Collioure, Direction Nature organise trois fois par semaine en juillet et en août des sorties naturalistes sur différents thèmes : Le Maquis, Le Petit Peuple de la Nuit et de la rivière à la mer. Zoom sur cette balade au fil de l’eau.

Vendredi dès 8 h 30, un groupe d’une dizaine de personnes a pris le départ avec le responsable de Direction Nature, Joseph Hiard, pour découvrir la faune et la flore qui longent la rivière Le Douy jusqu’à l’Ermitage Notre Dame de Consolation.

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Ils ont arpenté le cours d’eau actuellement à sec dans la partie basse, rencontrant quelques insectes typiques tels que des agrions, populairement prénommés ‘Demoiselles’. Ensuite, ils se sont dirigés sur le charmant chemin de Consolation, qu’empruntaient autrefois les anciens lors de la traditionnelle fête du 8 septembre. Dans le lit de la rivière, ils ont observé la diversité de la flore : roseaux, massettes, papyrus, joncs et épilobe hirsute.

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Sur le parcours, une hirondelle Rousseline leur a souhaité un bonjour champêtre, cet oiseau rare est très apprécié des ornithologues. Avec les jumelles de Joseph, les amoureux de la nature ont pu voir les nids de cet oiseau, ancrés sous le pont de la double voie. Tout le long du trajet, les Tarentes de Mauritanie (famille des lézards), se dorant sur les schistes des vignobles environnants ont attiré l’attention des promeneurs. Et pour reprendre des forces, quelques vacanciers se sont délectés de mûres sauvages poussant sur les abords du sentier.

En prenant un peu d’altitude, ils sont arrivés à l’Ermitage Notre Dame de Consolation. Après une halte à l’ombre des platanes où chacun a bu l’eau de la source, ils ont continué leur aventure pédestre vers la fameuse Fontaine Bleue. Ce monument autrefois de couleur bleue, est encadré d’une sorte de portique dont le style indique qu’il date du 17ème siècle. Sous une nature chatoyante, ils ont entendu le chant du Torcol Fourmilier et ont aperçu un loriot.

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Cette sortie découverte de l’écosystème méditerranéen et des lieux mythiques de la cité des peintres a enchanté tous les participants. L’itinéraire a été un hymne à la poésie grâce à l’évocation des noms de la faune et de la flore régionale, chantés par Joseph, et ce dans une ambiance conviviale.

A noter que Joseph propose régulièrement des conférences aux thèmes variés.  

Texte et crédits photos Barbara Delacre

Diverses animations sont proposées par Direction Nature sur Collioure en juillet et en août : Ainsi, tous les jeudis soirs, à partir de 21 h, les promeneurs peuvent observer le petit peuple de la nuit. Une sortie qui offre une autre perception de la faune catalane (vers luisants, oiseaux…). Le vendredi à 8 h 30, la rivière le Douy jusqu’à l’ermitage de Consolation est une belle occasion d’approcher la faune et la flore locale. Le mardi, il s’agit de la découverte du maquis colliourenc, ainsi que l’adaptation au climat méditerranéen des plantes et des animaux présents aux alentours, départ à 8 h 30. Tous les départs débutent sur la place du 18 juin devant l’Office de Tourisme.

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Pour informations ou inscriptions contacter Joseph Hiard, 10, rue Pasteur, au 04 68 82 11 31 ou l’Office de Tourisme au 04 68 82 15 47.

11:19 Publié dans associations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sorties, faune, flore, nature | | |

Les coulisses du Fort Saint Elme

Personne n’est insensible au Fort St Elme surplombant le Puig Japone, de par son apparence fantomatique à la tombée de la nuit le transformant en vaisseau flottant, que de par son aplomb majestueux sous le soleil catalan.

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Zoom sur ce monument emblématique de la cité des peintres.

Un vaste passé historique. L’origine de l’édifice remonte à plus de 1000 ans. Au IXème siècle, une vigie a été édifiée pour faire face aux invasions maritimes des Normands et des Barbaresques, elle a été surnommée ‘La Torre de Guardia’. A savoir, que cette tour s’intègrait dans un plan défensif avec la tour de la Massane et celle de Madeloc situées sur les hauteurs de la cité des peintres.

 

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Le 27 juin 1344, le roi d’Aragon, Pierre IV le cruel s’empare de la tour et aménage ses défenses. Ce n’est que sous Louis XI, entre 1462 et 1507 qu’une partie des remparts a été construite.

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Puis, sous Charles Quint et Philippe II, une architecture révolutionnaire préfigurant celle de Vauban naît avec l’édification d’une forteresse à six branches autour de la tour d’origine. Les travaux se sont achevés en 1552.

En 1642, les troupes françaises commandées par Louis XIII et Richelieu s’opposent aux troupes espagnoles. Le fort se rend le 13 avril de la même année face à l’oppression espagnole.

En 1659, Vauban améliore le dispositif défensif de l’édifice sous l’égide de Louis XIV.

En 1794, l’armée espagnole s’empare à nouveau du St Elme.

Six mois plus tard, le général Dugommier écrase la garnison espagnole sous le poids de plus de 11000 boulets.

Après la révolution, le fort se transforme en un magasin militaire jusqu’à sa démilitarisation en 1903.

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Le fort St Elme vendu aux enchères publiques.

Dès sa démilitarisation, le St Elme est une fortification à l’abandon : la tour s’effondre, le pas de tir est impraticable et de nombreux murs menacent de s’effondrer. Ainsi, le 21 août 1913, l’Etat décide de le vendre aux enchères publiques. Un ballet de propriétaires se succèdent mais le monument demeure dans le même état. Certains habitants de Collioure proposent alors de le repeindre en blanc afin d’en faire un phare pour permettre aux pêcheurs d’anchois de se repérer, fort heureusement sans succès.

En 1927, il est inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques et est acquis par un mécène issu de la famille Ducatte. Ce dernier s’entoure de l’architecte Léon Azema, 1er grand prix de Rome et d’Alfred Joffre, architecte des monuments historiques. Ensemble, ils reconstruisent le fort et aménagent les défenses extérieures. La fin des travaux a lieu en 1936.

Durant la seconde guerre mondiale, les forces allemandes qui ont occupé le St Elme, l’endommagent sérieusement lors de leur départ en 1944. L’édifice sera alors abandonné pendant plusieurs années jusqu’à ce que les descendants du propriétaire, actuellement Jean- Claude Ducatte, engagent des travaux d’envergure afin de lui redonner son lustre d’antan.

Une architecture hors pair incluant un système d’avant-garde écologique.

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 L’intérieur du fort St Elme s’articule autour de 3 cercles divisés en plusieurs salles et édifiés dans la circonférence extérieure de la tour.

ST ELME tour de gué.jpgAu premier étage, on y découvre la salle d’armes avec quelques perles historiques datant du XVI ème siècle jusqu’au XIX ème siècle : casques, boulets en pierre polie, en fonte et en fer issus des fosses du Fort St Elme, canons maritimes, fragments d’obusiers, armures de chevaliers, poitrail, armes médiévales : fauchards, heaumes arme à feu datant du 16ème siècle. 

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A noter la présence d’une épée avec une coquille St Jacques qui a été réalisée à Venise et dont le double figure au Musée de Budapest ainsi qu’une Coulevrine, 1ère arme à feu datant du 16ème siècle. Dans cette même salle, on peut voir la porte de la tour de guet située à 8 mètres de hauteur, tournée vers la mer et encadrée de somptueux corbeaux en pierre.

Ensuite d’autres salles révèlent l’historique du monument avec l’accent mis sur l’attaque du Général Dugommier en 1794, la généalogie et la vie de Charles Quint, l’explication du blason de Charles Quint, l’architecture des lieux, l’artillerie et l’inventaire de 1770. A cet étage très sécurisé, les dortoirs des troupes, la salle de police, la salle du trône, la prison, et le four s’ancrent judicieusement. A noter qu’une exposition de photographies temporaire sur les spahis et les tirailleurs sénégalais, prises sur le front en 14-18 par le médecin photographe Gaston D orne l’une des salles.

Au 2ème étage, le magasin aux farines et celui de l’artillerie côtoient les corps de garde, la boulangerie et le corps de garde des officiers. Il faut savoir que St Elme étant un fort de guerre, tout a été conçu pour y supporter de vives attaques ainsi qu’un siège interminable : un pas de tir supportant l’assaut de plus de 20 canons et d’obusiers et un système défensif ingénieux ont mis à mal les envahisseurs.

Les murs épais pouvant atteindre jusqu’à 8 mètres d’épaisseur à certains endroits ont servi de protections aux troupes. Quant à la tour, elle abritait la poudrière.

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Au niveau du Donjon, hormis la vue imprenable sur la baie du petit port catalan mais aussi sur les collines environnantes et Port-Vendres, on découvre un système écologique de récupérateur d’eau de pluie. En effet, le fort ne possédant pas l’eau courante pour des raisons techniques et logistiques trop lourdes, les propriétaires ont conservé les pentes édifiées autour du donjon qui par un système de canalisations amènent l’eau de pluie dans une citerne pouvant contenir 55 000 mètres cubes d’eau. Actuellement, le niveau de l’eau atteint 6m50 de hauteur. Un procédé ingénieux et écologique !

A hauteur de la tour se situent également des échauguettes dont une a été construite par Napoléon III.

 

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Les souterrains non ouverts au public, renferment désormais des stalagtites et des stalagmites ; mais autrefois il servait d’entrepôt pour la nourriture, de logements mais aussi abritait tous les corps de métier nécéssaires au combat.

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St Elme, une légende vivante à découvrir absolument !

Visites guidées des groupes sur rendez-vous : 0664618242.

Hélène Pélissier : 0671489519

En saison, visites guidées individuelles tous les jours; toutes les heures : 15h,16h,17h,18h ; billeterie à l’entrée du Fort St Elme. Tarif adultes : 6 € , Pass Intersites 4€, enfants de plus de 12 ans et étudiants 3 €, gratuité pour les moins de 12 ans et pour les handicapés individuels sous réservation.

www.fortsaintelme.fr et email : infos@fortsaintelme.fr

10/01/2011

Les voeux de Michel Moly 2011

L’incontournable cérémonie des vœux du maire Michel Moly, s’est déroulée au centre culturel, en présence de la présidente du conseil général, Hermeline Malherbe, qui, malgré un emploi du temps chargé, a fait un détour vers la cité des peintres, pour souhaiter en préambule de la cérémonie, ses meilleurs vœux à la population colliourenque.

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Médaille de Bronze du courage et du dévouement. La cérémonie de vœux a débuté autour de multiples remises de prix et récompenses.

 

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Ainsi, deux gardes municipaux, Michel Denohic et Alexandre Gabet, ainsi qu’un Colliourenc Serge Nicolaeieff se sont vus remettre par la présidente du conseil général Hermeline Malherbe et Michel Moly, maire de la ville, la médaille de bronze pour acte de courage et dévouement. Courage, dont-ils ont fait preuve en portant secours à un septuagénaire originaire de Bourgogne, Boris Mitzaikoff, en train de se noyer lors de la tempête du 10 octobre dernier. Cette distinction décernée au titre du courage et du dévouement a été attribué par arrêté préfectoral, par Jean-François Delage, préfet des PO, en date du 22 novembre 2010.

Concours Collioure Ville Fleurie.

 

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Ensuite, les gagnants du concours de Collioure, Ville Fleurie ont été dévoilés au public. Dans la catégorie Balcons et Terrasses, le premier prix de 100 € a été attribué à Cécile Irthum, le deuxième prix d’un montant de 80 € a été décerné à Madeleine Maso, Denise Snodgrass a remporté le 3e prix d’une valeur de 70 € et Alberte Celerier a décroché le 4e prix soit 50 €. Dans la catégorie Jardins Fleuris, Louis Francès a remporté le premier prix de 100 €. Robert Figures a pris la deuxième place du podium avec un chèque de 80 € et Denise Daubis a décroché le 3e prix d’un montant de 70 €.

Concours Photo.

 

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Concernant, la remise des prix du Concours Photo de la ville. Le thème de la famille qui a été choisi par les organisateurs pour l’exposition ‘Collioure dans le viseur’ et le concours photo de la ville de Collioure a engendré une moins forte participation que les précédentes éditions. Cependant, de belles et intéressantes photographies ont été proposées avec une approche très différente du sujet.

Cela a incité le jury a innové, en remplaçant le 1er prix et le 2e prix qu’il avait à élire par 3 prix ex-aequo. Voici donc les lauréats primés par le jury : Jean -Louis Thore pour une représentation plutôt classique mais très parlante d’une famille réunie sur les hauteurs de Collioure. Olivier Nimier, pour son sympathique clin d’œil qui n’est pas sans rappeler les campagnes publicitaires d’une célèbre marque de vêtement. Et Laure Delmas Rouanet pour une allégorie poétique de la famille avec une main de cartes catalanes,  soigneusement rangées par familles. Ces trois auteurs ont reçu un chèque de 300 €. Le prix du public a été décerné à Michel Hagneré pour sa photo évoquant la pêche à l’oursin en famille. Il lui a été attribué un chèque de 200 €.

Un appel est lancé à tous pour dégoter le nouveau thème de la 19 ème édition de Collioure dans le Viseur, mais attention, il faut que ce thème fonctionne aussi bien pour le concours que pour les documents anciens. Pour mémoire, voici les thèmes déjà abordés : Portrait Architectural; Galerie des Portraits; C'est la fête à Collioure; Le charme des commerces; Colliourenc, Pêcheur et vigneron; A collioure ça bouge; L'habit et le moine; Collioure au rythme du sport; Collioure, comme on le voyait, comme on le voit; Collioure, ville de traditions; Femmes à Collioure; Enfants à Collioure; Collioure ville d'art et d'artistes; Collioure bizarre, Collioure insolite; A Collioure, il fait bon vivre; Collioure avant et après Vauban; Collioure sur Mer; Vos meilleures photos de Collioure; Scènes de famille.

Les voeux du maire.

 

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Le discours de Michel Moly s’est porté sur l’ambiance austère et les doutes provoqués par la crise économique et sociale en France : « Eh bien, il est vrai, il est vrai encore aujourd’hui, au seuil de l’année 2011, que notre monde désenchanté est de plus en plus difficile à maîtriser…Certes, le futur est incertain, notre avenir est comme obscurci par tant d’incertitudes… Et cependant, mes chers amis, je voudrais, je veux vous affirmer qu’au sein de nos préoccupations, il nous reste une voie. Un chemin est possible… Rappelons - nous la lumineuse recommandation que nous a faite notre ami Antonio Machado ‘Voyageur, le chemin est tracé par tes pas, c’est tout…Voyageur, il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant’. »

Puis, Michel Moly a lancé un appel à tous à moins d‘individualisme : « Au seuil de cette nouvelle année, sachons dire non aux attitudes et aux propos pessimistes porteurs d’un individualisme stérile. Eh bien, notre pays, la France, les Pyrénées Orientales, le canton de la Côte Vermeille, Collioure sont toujours à construire. Et cela ne peut se faire qu’en marchant : Savoir être ensemble, être soucieux d’une forte cohésion sociale, relier ce qui est tissé ensemble, rechercher sans cesse un vivant consensus sur les valeurs, nos valeurs traditionnelles et républicaines…» Le magistrat de la ville a également mis l’accent sur la diminution des ressources de l’Etat face aux besoins croissants tels que : créations d’emplois, logements sociaux, accompagnement efficace des seniors le plus souvent dépendants, conditions meilleures d’enseignement… Puis, il a rappelé les deux points essentiels de la démocratie : le devoir de voter et la nécessité de prendre part à la vie sociale, le souci de s’exprimer.

Le maire Michel Moly a conclu son discours par «  Au-delà des sourires, des vœux et des embrassades, nous ne devons pas nous endormir. Nous avons à être des ‘éveilleurs’ ».

La manifestation s’est terminée autour d’un apéritif dînatoire concocté par La Cuisine.

07:00 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : voeux, maire, récompenses | | |

09/01/2011

Intime Charles Trenet

Aujourd’hui, Charles Trenet aurait 97 ans, nombreuses ont été les personnes quil’ont côtoyées tout au long de son existence. Un de ses proches amis, son « faux frère » comme l’appelait la mère de Charles : Jacques Brivot, nous a aidé à lui rendre hommage au travers de son témoignage.Mais avant tout, place au poète !

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« Je suis né à Narbonne, le 18 mai 1913 à 14 heures. Je voulais être acteur. Mon père vint se fixer à Perpignan, il était notaire et vite divorcé. J’eus alors deux familles que je chéris toujours avec le même cœur. Je compris vite à Perpignan, au contact d’Albert Bausil, figure inoubliable et illuminante, que j’étais fait pour la vie imaginative et fleurie avec, par ci par là, des inspirations musicales. Bausil me dit « Ce n’est qu’en quittant Perpignan que tu le comprendras. Monte à Paris »… J’avais 17 ans, un cahier plein de poèmes. C’était mon cœur… Au moment où je signe ces lignes, j’ai 51 ans, du feu dans l’œil droit, du rêve dans le gauche, et bon pied pour gambader. Je suis d’un peu partout à présent, de Narbonne, de Perpignan, de La Varenne, de New York et du Canada, des plages désertes et des aérogares, des fontaines et des forêts, des anges, de vous et de moi. ». Charles Trenet.

Le 18 février 2001, Charles Trenet est décédé à l’hôpital Henri Mondor de Créteil, des suites d’une attaque cérébrale, laissant à sa « Douce France » un vaste répertoire de chansons et de musiques intemporelles. « Le fou chantant » demeure dans la mémoire de tous de par son complet bleu, ses gazouillis sur scène et sa joie de vivre. Mais au bout du compte on connaît peu de choses sur le vrai Charles, l’homme qu’il a été dans la vie privée. Jacques Brivot, artiste peintre à Collioure a été son confident ami durant plus de quarante ans. Il a bien voulu nous éclairer sur la relation amicale qu’il a entretenue avec lui, nous relatant quelques morceaux de la vie du poète.

De la rencontre de Jacques et de Charles jusqu’à l’adieu à la scène.

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 Jacques Brivot avait seulement 8 ans lorsqu’il entendit sur les ondes radio de la voiture de son père « La Route Enchantée ». Sans avoir vu Charles Trenet, le jeune enfant a imaginé l’artiste tel qu’il a été dans la réalité : vêtu d’un complet bleu, une petite valise à la main, sillonnant les chemins de la poésie. Sujet qui passionnait déjà le jeune Jacques ! Deux ans plus tard, à Paris, il rencontrera Charles en chair et en os, au cours d’une entrevue dans les bureaux de son père, situés place de la Madeleine, ce dernier étant journaliste éditeur. Mais sa vraie rencontre avec l’artiste s’est déroulée sur une plage de Juan les Pins de manière humoristique : Jacques lisait la 25e heure de Virgil Gheorghiu quand le secrétaire de Charles est venu lui demander la permission de lui emprunter son livre pour Monsieur Trenet, celui-ci s’étant arrêté à la 24e heure. De cette surprenante rencontre découlera une amitié pure entre les deux hommes, ponctuée de voyages en commun, de nombreuses confidences et de correspondances.

 Concentré de bonheur avec quelques anecdotes croustillantes de l’ami Trenet. En 1955, les deux compères se retrouvent à Rome, au sein de la villa Borghèse, afin de passer quelques vacances ensemble. Charles Trenet s’inspirera de cette escapade italienne et dédicacera la chanson « Rome » à son ami Jacques dont en voici quelques vers : « Nous monterons tous deux sur la terrasse aux murs de lierre, si près du ciel qu’un seul regard embrasse la ville entière et tu verras que rien ne nous échappe de ces palais, de ces jardins de ce dôme où le pape prie pour la paix… ».

Au cours de l’été 1958, Jacques expose ses toiles aux Templiers chez René et Jojo Pous, lorsqu’un visiteur inattendu y fait son apparition. Ce n’était autre que ce sacré Charles ! Le fou chantant, entre deux récitals avait vu une affiche de son ami Brivot chez l’encadreur Fourquet, à Perpignan et avait donc décidé d’aller le saluer personnellement à l’occasion de ce vernissage dans la cité des peintres.

 

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Ce jour là, il acheta plusieurs tableaux de l’artiste à qui il écrivit plus tard : «  Finalement, cet achat n’était pas un placement mais un déplacement d’argent. » Quelques jours après, Jacques reçut un appel téléphonique de Charles lui disant : « Je suis à Paris, je pars dès demain faire une tournée musicale au Maroc, mon impresario s’étant désisté, il y a une place gratuite pour vous ». Jacques accepta l’invitation de l’ami Charles. Lors du vol qui les menait de Paris à Casablanca, alors qu’ils survolaient le célèbre petit port catalan, le moteur droit de l’avion commença à prendre feu…L’hôtesse vint leur offrir quelques rafraîchissements et Charles, très calmement, retourna le menu de la compagnie aérienne puis y dessina au stylo bille, une esquisse d’une vue de Collioure qu’il avait déjà réalisée au cours de sa jeunesse.

 

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L’histoire s’est achevée sans encombres par un atterrissage en Catalogne du Nord où ils sont repartis via l’Afrique du Nord à bord d’un autre avion. Sitôt arrivé Charles a cité au sujet de cette mésaventure : « Il ne suffit pas de vivre, il faut savoir pourquoi ! ». Une anecdote marquant le sang froid de l’artiste et son sens inné de l’Epicure.

Jacques a aussi enseigné à Charles quelques techniques de peinture y compris le secret des gris : pour Charles Trenet le gris appartenait au noir et au blanc, Jacques lui a expliqué qu’en fonction de la nuance des couleurs, il y avait des gris chauds ou froids. Charles le remercia alors en lui écrivant « À mon ami Jacques Brivot, qui m’a appris le secret des gris et des couleurs ».

Charles s’est initié à la peinture dès son plus jeune âge mais s’est orienté vers un autre domaine artistique : celui de la chanson car il disait souvent de la peinture, qu’elle ne pouvait pas nourrir son homme et a préféré alors les dessins de l’écriture.

Monsieur « Y a de la joie » appréciait d’une manière particulière toutes les fleurs ! En effet, il avait rempli ses jardinières de fleurs artificielles, les préférant aux fleurs naturelles qu’il jugeait trop éphémères. Et chaque jour, il les arrosait pour qu’elles ne se fanent pas !

Vers la fin de sa vie, alors qu’il était atteint d’une hémiplégie Charles Trenet dit à Jacques « Nous resterons des enfants, quoiqu’on en dise et nous mourrons jeune »; il est certain qu’il a gardé toute la jeunesse du haut de ses 97 ans et que les cœurs de toutes les générations confondues feront toujours Boum en écoutant ses éternelles ritournelles.

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