18/04/2010

Les belles Catalanes de Petit Louis

Ancien pêcheur vigneron, Louis Baloffi, 91 ans, surnommé par les Colliourencs Petit Louis, s'affaire depuis quelques années à la création de maquettes de barques catalanes. Portrait.

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Petit Louis est un de ces anciens Colliourencs, qui ravigote les mémoires au travers de ses souvenirs de campagne de pêche ou de labeur dans les vignobles catalans. Il y a cinq ans, alors à la retraite, Petit Louis décide de léguer sa dernière barque Le Dominicain, sérieusement endommagée par un violent coup d'est, à l'association du Patrimoine Maritime Colliourenc, afin qu'elle soit restaurée et qu'elle puisse voguer à nouveau. Il vend également sa vigne.

Nostalgique de la mer. En juin 2006, le Dominicain flottait à nouveau, mais Petit Louis a comme une pointe de nostalgie envers la grande bleue qui l'a porté durant des années. C'est en piochant dans ses souvenirs d'enfance, que survient le déclic. Enfant, il a souvent observé le charpentier de l'époque, le vieux Bernadou, lorsqu'il réparait les barques des pêcheurs colliourencs. C'est donc naturellement, que depuis quelques années, il passe une grande partie de son temps libre à construire des maquettes de barques catalanes. Pour cela, il a aménagé sa cave en petit atelier et s'inspire de son vécu de vieux loup de mer ou de photographies et cartes postales anciennes.

petit louis et barques finititon.jpgAu moins 50 heures de travail sont nécessaires pour réaliser une barque : « Au début, les enfants qui se rendaient au club de voile s'arrêtaient et me regardaient travailler, émerveillés de découvrir qu'avec un peu de matériel, on pouvait réaliser de magnifiques bateaux. Tous m'ont encouragé à poursuivre cette passion.Conforté, Petit Louis s'est donc équipé d'outils et de matériaux rudimentaires tels que : râpe, couteau, pince, colle à bois, peinture, papier de verre, vernis... "J'achète le bois, pour réaliser la carcasse composée de la quille, d'étraves et de membranes. Ensuite je borde la carcasse, avec des morceaux de cagettes espagnoles que j'ai récupérées au préalable. Pour la voile, j'utilise des vieux draps en lin que quelques personnes m'offrent, avant je teintais mes draps en coton blanc avec du thé. Je couds les pans à la main en respectant la tradition de la fabrication des voiles latines ».

Travail minutieux. La passion de Petit Louis implique une minutie au niveau de la gestuelle, mais également une rigueur au niveau de la mise en place des détails de la barque catalane. Rien n'est laissé au hasard : les drisses (cordages de pêche pour hisser la voile), le gréement, la poulie, la trosse (renfort de la mâture), l'ascota (l'écoute), l'estrop (ficelle qui tient l'aviron), le gouvernail et les rems (avirons) et donnent une impression de réalisme étonnant, il ne manque plus que les pêcheurs à bord ! A la demande d'amis, il invente un nom de baptême pour ses chefs d'oeuvre maritimes.

Pour l'ami Jacques. Petit Louis a réalisé des maquettes de barques catalanes pour ses amis et notamment Jacques Perrin, célèbre réalisateur et comédien. Entre les deux hommes, existe une longue histoire d'amitié, à tel point que l'acteur a demandé à Petit Louis de réaliser une barque miniature pouvant vraiment flotter ! Un défi relevé avec brio: le concepteur a ainsi plastifié l'ensemble de sa maquette et l'a lesté avec du plomb en fond de cale afin qu'elle ne chavire pas. Petit Louis a testé ce prototype au bord de l'eau, face au clocher. Miracle, la barque a flotté sans encombres. Quant à Jacques Perrin, il a promis de faire voguer la catalane au fil de l'eau des jardins du Luxembourg. Voilà qui ne manquera pas d'intriguer ou de passionner les Parisiens !

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12:56 Publié dans portrait | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : catalane, miniature, bateau, savoir faire | | |

Commentaires

Bravo Monsieur ! Je suis admirative

Écrit par : sylvie | 27/10/2013

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