12.02.2011
Vincent Torguet, créateur de bijoux !
Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur, ce monde rayonnant de métal et de pierre, me ravit en extase et j'aime à la fureur les choses où le son se mêle à la lumière'. Cet extrait du poème de Baudelaire 'Les Bijoux' est un peu le miroir de l'état d'esprit du jeune bijoutier Vincent Torguet.

Vincent Torguet, expulse hors des frontières de la création le déjà vu pour laisser s'exprimer l'insolite ou encore des demandes particulières d'une clientèle exigeante.
C'est dans son atelier – bijouterie situé au 17 avenue Aristide Maillol qu'il nous a reçu pour nous livré quelques secrets de la joaillerie. Interview.
Quel est votre parcours professionnel ?
Je suis un autodidacte, j'ai eu le coup de foudre pour le métier de bijoutier au cours d'une rencontre à Castelnou avec Eric Lazarus qui m'a enseigné pendant quelques temps les ficelles de ce métier. Ensuite, j'ai effectué une formation en sertissage à Montpellier, je me documente très souvent sur l'univers de la joaillerie puis la passion m'aide à faire le reste.

Bijou ou Collection, que vous représente le mieux ?
Ni bijou, ni collection, pour moi le maître mot c'est la création. Il y a sans cesse une quête du renouveau dans mon travail de recherche personnelle pour faire naître un bijou unique. J'ai d'ailleurs lancé l'été dernier, le bijou galet. Ces galets ramassés par les vacanciers ou projeté en ricochet sur la Méditerranée m'ont inspiré des bagues, des colliers, des pendentifs ou encore des boucles d'oreilles. Une manière aussi d'allier la beauté d'un bijou à dame Nature. Je travaille également en collaboration avec mon voisin de palier Gérard, Kinésithérapeute, sur l'ergonomie des bagues, histoire de faire corps avec son bijou.
Quel rapport entretenez vous avec les différents matériaux ?
Au niveau des matières, je recherche l'innovation c'est pourquoi je me suis axé vers des matières nobles comme le Palladium issu de la famille du Platine, qui est un métal précieux plus solide et plus brillant que l'or actuellement onéreux sur le marché. J'ai découvert aussi l'Altuglass (matière synthétique translucide ou teintée, très résistante), qui offre des possibilités multiples en matière de formes et de couleurs, au final le bijou prend des airs 'années 80'. J'utilise également des molaires de mammouth fossilisées provenant d'un fournisseur en Antarctique, pour réaliser des pendentifs originaux.

De quoi se compose votre gamme de pierres précieuses, laquelle est votre préférée ?
Pour dégoter des pierres rares et uniques, je voyage régulièrement en Asie car les pierres sont taillées là -bas même si les gisements sont ancrés ailleurs. Le prix est établit en fonction de la qualité du nombre de carats, de la couleur et des particularités de la pierre. Les couleurs sont les compagnes indissociables d'un bijou : ainsi, j'utilise à cet effet, des pierres fines comme la Tourmaline à base de borate et de silicate naturel offrant des teintes verte, noire ou rose. Pour les tons bleu, brun ou violet, j'ai opté pour la Tanzanite, pierre précieuse ayant fait la fortune du peuple Massaï au pied du Kilimanjaro et qui est mille fois plus rare que le diamant.
Outre les nombreuses pierres du marché, j'ai une préférence pour le grenat, bijou emblématique du pays catalan, qui par sa couleur rouge marié au jaune de l'or, évoque les couleurs du drapeau catalan. Mais, il existe de nombreuses variétés de grenat tel le grenat vert ou 'Démantoïde' signifiant en grec 'diamant' du fait de son éclat proche de ce dernier, c'est celui qui attise toute mon attention.

Comment naît l'idée de créer un nouveau bijou ? Quelles sont vos inspirations premières ?
Mes idées me viennent par fulgurance, elles me traversent l'esprit, en m'inspirant de l'art tel la peinture et la sculpture contemporaine, de visites culturelles comme les musées ou encore grâce aux rencontres qui jalonnent mon chemin de vie, ainsi une personnalité ou un caractère d'une personne peuvent aboutir à un projet créatif.
Et votre clientèle, avez vous eu des demandes originales de sa part ?
Ma clientèle vient me voir car je suis ouvert à toutes les fantaisies possibles ! Dernièrement, j'ai réalisé des poignées de portes en forme de galets. J'ai aussi créer une chevalière à l'effigie d'un club de moto militaire où j'ai usé de la technique numérique pour concevoir le prototype aux armes du corps d'armée. Une cliente m'a également demandé de réaliser un bijou nomade, composé d'une fleur immense pouvant s'adapter à tous les supports : bracelets, broches, colliers et bagues.

Pour vous, quelles sont les tendances actuelles en joaillerie ?
D'après moi, des bijoux aux formes géométriques et en couleurs. La forme d'aspect 'Godron' ou striée en relief dans les matières classiques tels que l'or et l'argent cartonnent sur le marché. Pour la Saint Valentin, je me suis axé sur des formes classiques avec biensur le célèbre coeur cher à Cupidon avec ajout de diamant ou encore des perles de cultures aux variétés de couleurs dans l'air du temps.
Vincent, avez vous des projets pour l'an 2011 ?
Oui, je souhaiterai au printemps prochain proposer une exposition de pierres précieuses ramenées de mes voyages et laisser le choix à la clientèle de réaliser avec son envie des bijoux somptueux.

Voilà un artiste autodidacte qui n'a pas fini de briller en société tout comme ses bijoux d'ailleurs.
Interview et Crédits Photos Barbara Delacre
Bijouterie La Place Vincent Torguet 17 Avenue Aristide Maillol (gare) : Créations Ventes et Réparations.
Ouverture du lundi au vendredi de 9 h à 19 h, sur rendez-vous en dehors de ces horaires.
Infos et site Web : www.torguet.1w1.fr Contact 06 77 80 44 54.
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28.01.2011
Sur la colline Pams, Luc cultive l'amour des ânes
Quinette, Singla, Rasta, Nin et Pomponnette sont devenus des célébrités locales, à la grande joie de leur propriétaire Luc Pous. Portrait

Sur les flancs de la colline Pams, aux abords du chemin en terre qui mène au fort St Elme, un petit enclos se profile à l'ombre des oliviers. Des 'hi han' répétitifs interpellent les passants. Ce sont les cris des ânes de Luc Pous. Ce jeune propriétaire également viticulteur dans la cité des peintres s'occupe de ses bêtes quotidiennement. Il y a quatre ans, Luc a redoublé d'efforts car l'ânesse Quinette a mis bas, un 31 juillet aux alentours de 8 heures du matin, d'un bel ânon Nin ! Nin signifiant petit en catalan est né dans le maquis colliourenc, avec une belle robe grise.

Au bonheur des ânes. Luc a toujours rêvé de posséder des baudets : ces animaux sont empreints de gentillesse, d'humilité, et de plus, ne rechignent pas au labeur. C'est aussi une excellente manière de perpétuer les traditions des anciens. En effet, au début du siècle dernier, les ânes ont été très utiles au développement économique de la cité : portage du sel et des poissons, mais aussi seul moyen de transport pour emprunter les sentiers escarpés des vignobles catalans, ils ont fourni une aide précieuse lors des divers travaux agricoles : labourages, vendanges...

Luc a alors recherché désespérément un couple d'ânes et une mule, et c'est au travers des annonces d'un journal qu'il a trouvé son bonheur au début du mois de mai 2004.

Un enclos privé. Le couple d'ânes, originaire de Baillestavy et la mule d'Olette - Evols, une fois en contact avec leur nouveau propriétaire ont été baptisés Quinette, Singla (sanglier en catalan), et Pomponette. Puis, Luc les a vacciné et pour lutter contre le vol et les pertes d'animaux, les a déclaré à l'Hara (Centre de recensement des ânes tatoués qui portent une puce électronique). Ensuite, l'heureux propriétaire a adressé un courrier à la municipalité afin de trouver un lieu adéquat pour ses animaux. Après accord du maire Michel Moly, Quinette, Singla et Pomponette ont aménagé sur un terrain appartenant à la commune, les vignes coupe-feu proches du St Elme. En juin 2005, un premier ânon est né : Rasta. Mais à cause des dangers alentours tels que sangliers, renards ou faisans, les ânes se sont échappés et cela a entraîné des plaintes de particuliers. Alors Luc désemparé, a une fois de plus, fait appel à la municipalité afin de placer ses bêtes dans un endroit sûr. Ainsi, le maire lui a prêté un terrain à l'ombre des oliviers de la colline Pams, près du moulin à vent.

Aux petits soins. Luc, parfois accompagné de Michel Guingois, artiste peintre local, s'affaire à donner à manger et à boire à ses animaux, et de temps en temps, il les change d'enclos : « Cela représente beaucoup de travail, en moyenne, je passe près de quatre heures par jour avec eux ! ». Muni d'arrosoirs, il arpente le sentier sous le soleil brûlant pour aller chercher de l'eau à la source du moulin, il transporte ainsi près de cent litres d'eau pour abreuver ses bêtes et humidifier le petit dernier : « Je tiens à remercier Michel Moly qui m'a généreusement offert le droit de tirer de l'eau ».

Les ânes et la mule vivent en totale liberté, dans ce carré de nature, ils mangent ce qui pousse sur le terrain, parfois Luc leur prépare un succulent repas de fête composé de ...carottes !
Hors saison, la troupe de baudets aménage sur la butte du parking du Glacis où ils broutent l'herbe des lieux, une manière écologique et originale de désherber le coin !

Burros de Cotlliure. Lorsqu'on lui demande s'il a des projets avec ses ânes, Luc s'exclame : « Bien entendu ! En premier lieu, je souhaiterais remettre au goût du jour les vertus des ânes au travers des métiers ancestraux tels que la vigne ou la pêche. Puis, j'aimerais organiser des promenades ou des randonnées en partenariat avec les artistes peintres de la cité, histoire de croquer la nature comme le faisaient Hanicotte et ses classes artistiques en plein air. Mais, un autre projet se profile pour Luc celui de devenir Berger à Collioure sous les flancs de Dugommier. Pour cela, Luc manque de moyens et lance un appel : « Je manque de matériel agricole, notamment un labourage à traction animale, si l'on pouvait me donner un coup de main en me fournissant ces outils essentiels, je serais comblé. Et si certaines personnes souhaitent donner des carottes, des pelures de fruits et de légumes pour Quinette, Singla, Rasta, Nin et Pomponette, un bac vert est à la disposition de tous, à la rue du Soleil, face à l'atelier Guingois. Alors, pour moi le bonheur sera dans le pré !

Pour les dons de matériel et contacter Luc : 06 14 63 74 98. Vous pourrez aussi rencontrer Luc à la Fête de la Brebis de Montesquieu le 22 mai 2011.
Texte et Crédits Photos Barbara Delacre
12:09 Publié dans PORTRAITS | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ânes, pams, collioure, luc pous
27.01.2011
Le Fort Taillefer : antre du maître coutelier Xavier Araté
Il y a des métiers surgissant du passé qui intriguent ou marquent l’admiration, j'ai rencontré Xavier Araté, maître coutelier à Collioure qui a installé son atelier depuis novembre 2005, dans un lieu chargé d’histoire, le Fort Taillefer. Zoom sur cet artiste hors du commun.

Le parcours d’un passionné de coutres. Xavier Araté a arpenté l’hexagone tels les célèbres compagnons : une besace sur l’épaule contenant quelques ‘Opinel’ sur lesquels il sculptait les manches.Au cours de son périple, il découvre la cité des couteaux : Thiers. Là-bas il est intégré au sein de l’équipe de ‘La Maison des Couteliers’, véritable fief d’un savoir faire ancestral et laboratoire d’expérimentation en matière de techniques et de design. Robert Beillonnet, Meilleure Ouvrier de France, lui enseigne alors les multiples facettes du métier. En 1992, Xavier décroche le CAP de Coutellerie et d’instruments Chirurgicaux. En participant au concours de la Société d’encouragement aux métiers d’art, il décroche le 1er Prix National. Après deux ans de collaboration avec Alain Dumousset, Compagnon Spécialiste du Damas à la Maison Couttier, il rencontre Guy Vialis, créateur du sommelier ‘Château Laguiole’. Ce dernier lui confie la direction de l’Atelier de la Bastide de Sauveterre en Aveyron. Xavier se transforme en Maître de Formation et signe de nombreuses créations et pièces uniques.

Pour ce catalan pure souche, le moment est venu de rentrer au pays et de concrétiser une idée qui lui trottait dans la tête : installer un atelier de Coutellerie au Fort Taillefer, propriété de la ville de Collioure…
Quand les rêves deviennent réalité. Comme tous les gosses à l’époque, Xavier a côtoyé le Fort Taillefer (fin du XIXème siècle) au hasard de balades improvisées ou de jeux d’enfants. Il a par la suite participé, au débroussaillage des sentiers de randonnées qui entourent la Batterie de Taillefer. De retour au pays, Xavier a cherché un local pouvant faire office d’atelier, sans succès. Ne baissant pas les bras, il a donc pensé au Fort Taillefer à l’abandon depuis 30 ans. Il a proposé son projet à la Mairie qui a encouragé sa démarche et a signé en sa présence, une convention en bonne et due forme.Le Fort ayant subi les caprices du temps, a été entièrement restauré par ses soins : défrichage, mise à jour des surfaces ensevelies par les glissements de terrain, reconstitution des volumes érodés, nettoyage des citernes, maçonnerie, huisseries, peintures, électricité…
Un an plus tard, la grande casemate est enfin équipée d’une forge, d’établis pourvus d’outils, de tourets… L’atelier est opérationnel.

L’atelier du Maître Coutelier. Xavier réalise sur commande ou à la demande de particuliers des couteaux divers : couteaux pliants ou fixes, couteaux à cran d’arrêt manuel, couteaux à découper le jambon, couteaux de table, poignards… Les matières utilisées varient en fonction de l’objet à réaliser : Bois aux essences différentes tels que buis, bruyère, olivier, poirier, noyer, ébène de Macassar, palissandre de l’Honduras,des matériaux synthétiques comme la fibre de carbone, le granit, la pâte Fimo, le Micarta (tissus mélangé avec de la résine. Il crée les lames avec de l’acier inox, carbone ou damas (pâte feuilletée alternant deux plaques en acier nickel et carbone qui se plient à volonté, et qui révèle des motifs lors d’un trempage dans de l’acide).

Xavier effectue peu de forge mais utilise plutôt la technique de l’usinage par abrasion. Pour fabriquer un couteau, il y a plusieurs étapes : en premier lieu, le maître coutelier utilise un gabarit en vue de procéder au traçage et au perçage, puis il pratique un détourage à l’aide de tourets où sont installées au préalable des sortes de bandes de papier de verre aux différents grains.

C’est à ce stade de l’élaboration du couteau que le Maître Coutelier redouble d’attention : il contrôle la vitesse de rotation en fonction des matières utilisées, rapide pour la ferraille des lames et lente pour les bois des manches. Puis, il procède à la mise au tranchant de la lame, elle peut être plate, creuse ou bombée comme sur les Opinel.
Ensuite, il façonne les manches en suivant les mêmes techniques que celles décrites ci-dessus. La décoration des manches ou guillochage s’effectue à la lime. Une fois toutes les pièces prêtes, il les monte en les fixant avec des clous ou des vis.

La dernière opération consiste à donner le dernier brillant ou le satinage du couteau, pour cela il se sert de bandes de flanelle mélangées à une pâte abrasive.
Sur des couteaux pliants, Xavier réalise un ajustage mécanique.
Un couteau d’un Maître Coutelier c’est comme une œuvre d’art, Xavier appose sur chaque pièce sa signature AX.

Avec ce passionné de la création et de la recherche, le couteau se décline à l’infini pour le plus grand bonheur de tous ! Une chose est sûre, c’est qu’avec une telle dextérité et un tel savoir faire, Xavier ne craint pas une concurrence au couteau !
Pour aller à l’atelier du Maître Coutelier Xavier Araté : Uniquement sur rendez-vous au 06 81 49 38 40. Au niveau du rond-point de la Zone Artisanale du Cap Dourats, prendre la direction du Rimbau. Au carrefour, suivre la direction Madeloc sur la D86, tout en profitant du somptueux paysage qui s’offre à vous. Au niveau des monuments des pompiers, garer votre véhicule et emprunter le sentier sur la droite de ce bâtiment. Au bout de deux kilomètres, vous arriverez au Fort de Taillefer. Sonnez à l'aide de la cloche située à l’entrée pour appeler le maître coutelier qui vous recevra dans son atelier pour vous faire découvrir des trésors de couteaux.
Texte et crédits photos Barbara Delacre.
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